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Mon travail sur la saisie en aikido

Pour pouvoir rechercher quelque chose, ou tester dans la pratique que ce soit en aïkido ou ailleurs; il faut se pencher sur ce que l’on connaît ou ce que l’on fait. Ensuite, deux solutions s’offrent à nous : on trouve un enseignant qui nous apporte une nouvelle dimension, un nouveau concept etc..soit on découvre soi même un nouveau type de travail.
Dans cet article, je vais parler de mon analyse sur le travail des saisies et plus particulièrement sur l’importance que je donne à la façon de saisir, mais aussi sur la manière de recevoir cette saisie.

1) La saisie fermée sur un travail solide.

Que ce soit une saisie à l’épaule, au col, au poignet etc…cette forme de travail m’intéresse pour la bonne raison qu’il n’y a aucune complaisance d’une part, et de plus, une saisie fermée va donc aboutir à une réponse.

La réponse doit être donné sans force ni opposition malgré la saisie. C’est là l’un des intérêts de ce travail, mais s’il y a création du déséquilibre et respect des points de base, les différents points clés de la technique apparaîtront peut être sous une forme brouillon au départ mais qui s’affinera avec les années. Ce travail prôné par Saito Senseï est un travail essentiel.

J’insiste sur le fait de revenir sur ce type de recherche régulièrement afin de s’approprier ou de se réapproprier les détails utiles à l’exécution d’une technique juste voire d’en découvrir de nouveaux.

— En tant que uke* ou aïte* : la saisie doit être ferme, sans blocage mais néanmoins juste (on ne se suicide pas sur une attaque, on prend un placement juste, le corps est posé). On peut même s’amuser à saisir et à placer un atémi au visage histoire de changer le travail (ce travail est très important dans la mesure où l’atémi lancé par uke permet à tori de se placer de manière correcte, et de replacer la saisie dans le contexte initial du combat, ou la saisie servait à immobiliser quelqu’un pour le frapper et ou l‘empêcher de dégainer son sabre.

— En tant que tori*. Comme expliqué plus haut, une préhension ferme amène le pratiquant à travailler différemment et à exécuter une technique selon des placements corrects afin de réaliser une technique efficace qui n‘en sera que meilleure dans une pratique plus souple. De plus cela confronte l’esprit à la peur instinctive de l’agression. Ce travail permet déjà de s’habituer à la saisie, de comprendre l’autre par le contact.

2) La saisie légère.

Ce travail reste très intéressant dans la recherche de la sensation. Au départ même une saisie légère nous amène à un blocage dans nos déplacements, ce qui est très surprenant car on y voit toute la force de l’esprit sur le corps.
Sur le blog de Léo Tamaki, j’ai lu un article sur ce travail, cette recherche ou la saisie de la veste était légère pour des soucis non pas d’esthétisme ou de complaisance mais d’un retour aux temps anciens et sur la fragilité du vêtement notamment, ainsi que sur la recherche du déplacement non perceptible, l’absence de tension, ce qui rejoint ma recherche sur « la structure du corps ».

— En tant que uke, la saisie doit être légère entre le pouce et l’index par exemple lorsque l‘on saisit la veste. Sur une saisie au poignet, la saisie est complète mais sans aucune tension ou rigidité. Quelque chose de léger mais qui peut permettre un contrôle en cas de besoin.

— En tant que tori, la technique doit s’effectuer sans heurt, les saisies sur certaines techniques doivent rappeler selon moi la tenue du sabre. Bien entendu chaque technique doit respecter les points de base (déséquilibre etc…). Toutefois le plus difficile sera de travailler sans aucune tension dans un mouvement uni et constant. L’essentiel n’est pas d’aller vite mais de s’approprier certaines sensations de travail.

Je tiens également à préciser que ces deux types de travail ne sont pas (surtout pour le deuxième) un travail en ki no nagare*. Sans parler des différents stades de travail, (go no keiko etc…*) il s’agit surtout de pratiquer d’une part dans un souci de rigueur technique vis-à-vis du partenaire (respect des bases, précision etc…) et d’autre part un travail sur soi-même dans une recherche de sensation sans force ni complaisance, mais qui doit amener à une liberté corporelle.

Ce sont deux démarches bien différentes mais qui, je le pense, permettent d’élargir la pratique.

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LEXIQUE

Uke / Aïte : littéralement celui qui reçoit / la main qui s'unit à... Uke désigne le partenaire-adversaire qui attaque, qui saisie qui "subit" la technique.

Tori : Celui qui effectue la technique.

Ki no nagare : littéralement : le flux de ki, ou le flux de l'énergie vitale, du verbe nagareru qui signifie s'écouler, ruisseler (comme une rivière par exemple) - le travail en ki no nagare se distingue par un travail en souplesse sur une unification de l'attaque du partenaire suivi d'une réponse en un mouvement unique.

Go no keiko : littéralement - entraînement solide. c'est la première forme de pratique. Il en existe d'autre : ju no keiko / ki no keiko / ryu no keiko (ou ryutai). Ces quatre types de travail correspond à différents stades basés en quelque sorte sur les 4 éléments (terre, feu, eau et air). Ce travail se termine par le stade du takemusu aiki (ou la création infinie de techniques adaptées selon la situation du moment)

Tag(s) : #Découvertes-Reflexions

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