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Riai (理合い) ou la notion de principe unique de l’aïkido.

Aussi loin que je me souvienne, j'ai appris ce terme par le biais de mes découvertes sur l’aïkido de Saito sensei qui en parlait comme un principe reliant toutes les techniques entre elles. Partie intégrante de la pratique issue de Ueshiba Morihei, cette notion fondamentale a fait que l’aïkido n'est pas une synthèse de différentes écoles mais bien un système construit sur une base de relation entre les techniques.

Analyse du mot « riai » ?

Je tiens à préciser que l'analyse des kanji qui va suivre n'aucune valeur de vérité. Ne parlant pas japonais, cette analyse découle de recherches sur internet sur divers sites de traductions littérales, de présentations de divers kanji etc...j'en ai retiré de précieux éléments qui me semblent pertinents dans la présentation du mot « riai ».

Ri (理)

Décomposons d'abord ce kanji. Il semble être composé de deux autres idéogrammes : Oo (王) (signifiant roi, souverain - représentant donc quelque chose d'absolu) et de Ri (里) signifiant une ancienne unité de mesure - quelque chose donc de vérifiable, mesurable. Peut se lire également « sato » ce qui signifie pays, province. Mais je préfère m'arrêter sur le premier sens qui reste en lien avec la notion de riai.

Le kanji se traduit par : logique, raison, principe, vérité. On le retrouve dans d'autres mots tel que « sciences », en japonais « rika » (理科)

Aï (合い)

Ce kanji semble être composé de trois idéogrammes. Hito (人) qui se traduit par « être humain, personne », ichi (一) qui signifie « le chiffre un » et de kuchi (口) « la bouche, l'ouverture, l'entrée »

Le kanji Aï présent dans le mot « aïkido » signifie « concordance, union »

On pourrait donc traduire le mot « riai » par « l'union des principes ».

Qu’est-ce que le riai ?

Si l'on se base sur une recherche d'union des principes, on pourrait commencer par le domaine physique, le plus simple et représentatif reste la relation entre le travail des armes (bukiwaza) et le travail à mains nues (taijutsu).

J'ai beaucoup apprécié l'article de Bernard Palmier sur le riai qui en parlait entre autres comme d'une approche systémique de l'aikido, approche purement occidentale d'analyse, mais qui si on se penche sur la première phrase de l'article: "L’Aïkido peut être considéré comme un système, c’est-à-dire « un ensemble d’éléments en interaction, solidaires par rapports à des finalités communes… ."

Ce sens est intéressant et rejoint l'idée que l'aikido se veut être construit certes sur des principes d'harmonie, mais aussi sur une harmonie des principes avec bien entendu un but à atteindre, ou une sorte d'idéal à atteindre. L'article est très détaillé et je vous invite d'ailleurs à le lire, je vous laisse le lien en fin d'article.

Cette petite parenthèse terminée, cette notion de riai même si elle est travaillée, elle n'est pas clairement intégrée, ni même mise en avant. Par manque de connaissances ? Par négligence ? Les raisons peuvent être diverses et variées.

Aujourd'hui les explications les plus couramment répandues restent les suivantes, bien que la liste soit non exhaustive :

« shiho nage représente le travail du sabre », « imagine que le bras de uke représente la lame de ton sabre », « ne pas forcez avec les épaules, comme lors d'une coupe » etc... etc...

Pour le pratiquant ayant un peu d'expérience, cette relation est claire, parfaitement visible lors d'une démonstration, d'un cours basé sur ce type de relation où chaque mouvement découle du sabre et de son utilisation. Cette relation est essentielle quoique à mon sens, elle se doit d'aller plus loin.

Mon idée personnelle sur cette notion ?

Pour ma part cette notion est passée par plusieurs étapes de macération, étapes qui se sont succédées dans le temps bien que je fasse sans cesse divers allers et retours dans le travail pour progresser.

1/ analyse du mouvement de coupe et de la tenue du sabre et des déplacements puis de leurs retranscriptions dans le travail à mains nues.

2/ analyse dans la « parenté » de chaque technique entre elles. Exemple : l'entrée de ikkyo omote et koshi nage seront à mon sens les mêmes. Comme irimi nage ura et ikkyo ura par exemple.

3/ analyse des sensations, travail de fond et redistribution sur chaque technique.

Cela reste en lien avec la 2eme étape mais me permet lors de l'apprentissage pendant un stage par exemple, d'obtenir un résultat sur une technique (relâchement, déséquilibre etc...) puis de tenter de redistribuer au dojo ou lors de mon entraînement personnel cette sensation sur d'autres techniques même si je ne les ai pas étudiées en stage.

Conclusion ?

Le riai est à mon sens une notion plus profonde que la simple relation dans le travail des armes et le travail à mains nues. Elle englobe la relation entre chaque technique, leur filiation, leur formes d'entrée, les sensations et principes mis en avant dans la technique et leur retranscriptions dans d'autres techniques ainsi que l'apprentissage ou du moins l'analyse plus « facile » de d'autres disciplines cousines par la reconnaissance de principes communs.

De plus, cette notion permet de travailler en priorité les principes de l’aïkido au delà de toute forme technique, ce qui reste à mon idée personnelle plus intéressant et enrichissant qu'un simple apprentissage issu d'un catalogue.

Tag(s) : #Arts martiaux, #Découvertes-Reflexions

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